Entrevue : Julie Graham

C’est avec passion que Julie aborde son travail comme directrice générale par intérim et kinésiologue chez Clinique GO, une entreprise qui offre, par le biais de 12 spécialités comme la physiothérapie et le travail social, des services de soins de santé à domicile. Professionnelle, proactive et en quête continue de parfaire ses connaissances dans un domaine qui l’habite, elle partage quelques idées sur son travail et sur l’entraînement à domicile, un service en demande croissante au Québec.

BRICEBERG : Les activités de Clinique GO comprennent la réadaptation physique, les services sociaux et d’autres soins de santé mobiles. Qu’est-ce qui te stimule dans cette offre de service?
JULIE : Les soins à domicile sont très différents du type de services qui sont offerts dans une clinique. Me  déplacer chez les gens implique que j’entre dans leur monde, leur milieu, leur environnement. De ce fait, j’aime que les clients deviennent plus confortables, qu’ils aient tendance à s’ouvrir plus et à apprécier que l’on se déplace pour eux. Une autre chose qui me stimule avec Clinique GO, c’est de rendre possible l’accès à des services pour des gens dépourvus de services ou pour qui l’accès à ceux-ci est difficile. Une bonne partie de notre clientèle comprend la clientèle âgée et la clientèle adulte qui vivent des difficultés à sortir de la maison. Pour une personne âgée ayant une mobilité très limitée suite à une opération, obtenir des services de santé abordables à la maison dans un délai de 24 à 48 heures est un cadeau du ciel. 

BRICEBERG : Comment le kinésiologue s’intègre-t-il dans toute la gamme de services offerts et parmi les différents professionnels de la santé?
JULIE : Avant toute chose, notre soixantaine de professionnels comprend des individus qui visent réellement à aider leurs clients et qui sont stimulés par les défis qui se présentent à eux. Tous et chacun ont le bien-être de leur client à cœur, ce qui favorise une atmosphère de partage entre tous les professionnels, incluant le kinésiologue. Cela dit, je crois qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire pour sensibiliser les autres professionnels de la santé au rôle et à la portée du kinésiologue. Les services en Kinésiologie ont été lancés en 2015 et j’ai hâte de voir comment la demande et le référencement aux services vont évoluer au cours des prochains mois.

BRICEBERG : Quels atouts recherches-tu auprès des futurs kinésiologues qui se joignent à votre équipe de professionnels sur le terrain?
JULIE : Je cherche des professionnels allumés et autonomes qui se tiennent informés des meilleures pratiques dans le but d’offrir les services les plus adaptés aux besoins uniques de chaque client. Au niveau technique, j’évalue aussi si le kinésiologue a une bonne connaissance des muscles stabilisateurs profonds, un aspect important puisque nous avons beaucoup de clients en réadaptation. L’encadrement, l’enseignement des bonnes techniques d’exécution et l’accompagnement sont aussi des atouts que les kinésiologues de notre équipe doivent maîtriser. Il est préférable que nos kinésiologue soient également membres accrédités de la Fédération des kinésiologues du Québec pour d’une part, offrir des reçus pour les assurances des clients et d’autre part, s’impliquer comme kinésiologue pour le développement de la profession.

BRICEBERG : En 2015, tu étais responsable du développement des affaires pour Clinique GO. Beaucoup de kinésiologues aimeraient développer des compétences en développement des affaires afin d’enrichir leurs services. Que leur conseillerais-tu?
JULIE : Je pense que si on parle de ce l’on fait et des services que l’on offre avec cœur et passion, les gens écoutent. Le développement des affaires n’est pas toujours facile et être passionné peut faire toute la différence. Je conseillerais aussi aux kinésiologues d’apprendre à connaître les services qu’ils vendent sur le bout de leurs doigts et d’en parler à beaucoup de personnes. On sème une graine, on fait 25 zigzags et puis un jour, des opportunités se présentent! Il y a d’autres éléments importants comme être réellement à l’écoute des clients pour répondre à leurs besoins, se mettre à leur place pour comprendre leurs barrières ou trouver une façon de présenter les services différemment pour favoriser l’ouverture du client. L’activité physique, c’est facile de ne pas en faire. Par exemple, le mot sport peut faire peur mais quand on utilise le mot marcher, ça parait plus accessible.

BRICEBERG : Selon toi, quels sont les défis de l’entraînement à domicile?
JULIE : Je pense que l’un des défis est la continuité des services dans le temps. Il peut être relativement facile pour un client de débourser pour une première séance d’entraînement à domicile. Par contre, faire en sorte que les clients deviennent des clients fidèles ou qu’ils désirent bénéficier de services et de suivis sur le long terme, c’est plus complexe. Faire appel à des entreprises comme Clinique GO qui offrent de l’encadrement et une équipe solide peut faire partie de la solution. Sinon, l’accès à un nombre limité d’équipement peut parfois représenter un défi et faire en sorte que le kinésiologue doive faire preuve de plus de créativité dans l’élaboration et l’exécution d’un programme d’entraînement. Parce que la clientèle est très variée, il faut que nos professionnels soient versatiles et qu’ils détiennent un large éventail de connaissances. Pour faire face à ce défi, il faut avoir la proactivité de chercher l’information ou de joindre des formations pour acquérir de nouvelles expertises qui permettent d’obtenir des résultats.

BRICEBERG : Quelles sont les nouveautés dans le domaine des services à domicile en Kinésiologie?
JULIE : En soins à domicile, les gens s’orientent de plus en plus vers les médecines alternatives. Nous observons une croissance des demandes pour les services tels que l’Acupuncture et la Kinésiologie. Par le passé, la Kinésiologie était plutôt un service sollicité en deuxième ligne, c’est-à-dire après l’intervention de d’autres professionnels comme le médecin ou le physiothérapeute. Ainsi, le client entrait par différentes portes pour accéder à des services mais celle de la Kinésiologie n’était pas la première à laquelle il cognait. En première ligne, on observe néanmoins que la Kinésiologie fait tranquillement sa place.

BRICEBERG : Quels sont les meilleurs outils utilisés par les kinésiologues qui offrent des services à domicile, par exemple pour évaluer la condition physique de leurs clients?
JULIE : Le meilleur outil est celui qui répond aux  besoins du client. De manière générale, chaque kinésiologue utilise l’équipement nécessaire pour effectuer ses mesures de base comme l’adipomètre et le ruban à mesurer. Ensuite, les kinésiologues déterminent les outils d’entraînement ou d’évaluation les plus utiles comme les cardiofréquencemètres, les bandes élastiques ou le ballon pour atteindre l’objectif de la personne aidée. Par contre, nous pouvons faire beaucoup avec les objets du quotidien déjà disponibles au domicile du client : une canne de pois, une bouteille d’eau, des escaliers, des chaises etc.

BRICEBERG : Une formation qui t’a inspiré ou aidé?
JULIE : J’ai suivi la formation en entrevue motivationnelle et ça m’a beaucoup aidé comme kinésiologue pour motiver les clients. Cette formation m’a donné des outils pour répondre aux « excuses » des clients, pour les aider à reprendre les choses en main et à passer à l’action rapidement. Évaluer les avantages puis les inconvénients de la situation et du changement désiré s’avère un excellent point de départ. Depuis, j’utilise beaucoup les techniques de counseling comme le reflet qui permet de se détacher de la situation. En sortant de l’école, on est motivés et on veut aider. Par contre, on apprend avec l’expérience et avec des formations comme celle-ci que c’est la responsabilité de chaque individu de prendre action et d’initier un changement dans leurs habitudes de vie, et non celle du kinésiologue.

BRICEBERG : Une chose qui te rend fière dans ton travail?
JULIE : Je dirais deux choses. Comme kinésiologue, c’est la reconnaissance de clients qui m’ont mentionné que j’avais influencé positivement ou changé leur vie. Comme directrice, c’est de sentir que mes collègues apprécient mon travail et soulèvent que je suis une bonne référence en Kinésiologie tout comme en gestion et en ressources humaines.

BRICEBERG : Une chose que tu aurais aimé savoir en tant qu’étudiante en Kinésiologie?
JULIE : Que je ne choisissais pas un métier facile et que j’allais devoir me battre pour faire ma place dans le monde du travail. J’aurais surement quand même choisi cette branche mais je me serais préparée différemment et j’aurais commencé à bâtir mon expérience plus tôt. Par exemple, choisir une université qui offre des stages serait une chose que les kinésiologues pourraient envisager avant de décider où ils souhaitent étudier.

BRICEBERG : Comment te tiens-tu à jour?
JULIE : J’essaie de rester ouverte à ce qui me manque comme kinésiologue pour enrichir ma pratique. Quand je fais face à une situation qui repousse mes limites et fait appel à des connaissances que je n’ai pas approfondies, j’en prends note pour ne pas oublier et j’essaie de trouver des formations très spécifiques qui me permettront de développer des compétences plus pointues. Par exemple, j’ai suivi une formation de taping pour combler certaines lacunes et pouvoir être plus efficace et confiante dans ce volet. Je participe également au congrès annuel organisé par la Fédération des kinésiologues du Québec pour le réseautage et les différents ateliers offerts.

Pour en savoir plus sur son parcours ou pour joindre le réseau de Julie, consultez son profil LinkedIn.
Clinique GO recherche des kinésiologues dynamiques et passionnés pour joindre son équipe de plus de 60 professionnels.