Entrevue : Laurence Dubé

Kinésiologue en voie d’obtenir son MBA, Laurence dévoile son expérience croissante et sa vision de l’invalidité à titre de conseillère en coaching et services experts en assurance salaire chez Desjardins Assurances dans la région de Québec. Briceberg vous invite à lire les réponses de cette professionnelle ambitieuse pour qui les relations avec les gens sont au cœur du travail.

BRICEBERG : Selon toi, quelle est la place du kinésiologue dans le domaine de la gestion des invalidités?
LAURENCE : Sa place est très grande et même, grandissante. Le domaine de la gestion des invalidités offre plusieurs opportunités aux professionnels de la santé tels que le kinésiologue ou l’infirmière. Entre autres, le kinésiologue peut agir comme point central pour encadrer un assuré en arrêt de travail ou en voie de l’être. Généralement, son rôle est de coordonner le dossier de l’individu en arrêt de travail mais aussi de conseiller, supporter et offrir de l’accompagnement à l’assuré et son employeur durant les phases d’absence et de retour au travail. En plus d’établir un lien de confiance avec l’employeur, il est appelé à travailler en collaboration avec plusieurs intervenants. Il assiste également l’individu dans la reprise de bonnes habitudes de vie et de travail puis, l’aide à rétablir une routine et à gérer le quotidien. Donc, si un kinésiologue a de l’expérience en milieu de travail ou en ressources humaines, possède des connaissances de base en santé et a l’envie d’aider les gens, un poste en invalidité est une avenue intéressante.

BRICEBERG : Aurais-tu un conseil à donner à un kinésiologue qui désire un jour obtenir un poste auprès d’une entreprise ou d’une compagnie d’assurances en invalidité?
LAURENCE: Mon conseil serait tout d’abord de se renseigner sur ce qui se fait dans le domaine de l’invalidité auprès des compagnies d’assurance et des employeurs en visitant différentes foires d’emploi. Puis, le kinésiologue pourrait compléter sa formation universitaire avec des apprentissages complémentaires en gestion, en ressources humaines ou en relations industrielles. Nul besoin de retourner sur les bancs d’université. Plusieurs formations sont offertes sur le marché. Par exemple, LOMA, un fournisseur de solutions de formation, offre des cours dans diverses sphères d’activités comme l’administration des assurances ou l’assurance salaire.

BRICEBERG : Quels sont les côtés positifs à ton travail qui contribuent à ta motivation?
LAURENCE : Outre les composantes de relation d’aide et de santé qui sont indispensables à mon travail, je suis grandement motivée par les responsabilités de gestion liées à mon poste. Contrairement à certains emplois en Kinésiologie qui offrent des tâches comme du counselling ou de l’entraînement en face à face, il faut avoir un intérêt certain pour le travail de bureau et pour les politiques d’assurance et d’entreprise. De plus, la gestion de la période d’invalidité d’un individu implique un grand nombre d’acteurs tels que la CNESST1 ou le médecin traitant, et il faut être à l’aise avec les enjeux que cela représente pour chaque partie.

BRICEBERG : Les cas d’invalidité sont très différents les uns des autres, et certains dossiers sont très complexes ou difficiles. Quelle attitude adoptes-tu pour favoriser une approche orientée vers la résolution de ces dossiers?
LAURENCE : Je cultive dès le départ une relation de confiance avec l’assuré et l’employeur, ce qui renforce les échanges positifs et favorise la résolution de dossiers. Aussi, il est essentiel de tenter d’obtenir le portrait le plus juste et le plus près possible de la réalité de la personne en arrêt de travail. Personnellement, je tente de démontrer une ouverture à l’autre et j’essaie de rester moi-même, cela influence mon interlocuteur à ne pas être sur la défensive. Puisque la durée des arrêts est très variable, les interactions peuvent s’avérer fréquentes donc la qualité de la relation est une priorité dès le premier jour. Finalement, l’adoption d’une attitude proactive favorise sans contredit la résolution de chaque dossier.

BRICEBERG : Ton truc pour bâtir une relation de confiance avec chaque client que tu suis?
LAURENCE : Je mise sur notre première rencontre pour lui expliquer clairement mon rôle et les étapes qui détermineront le déroulement de nos suivis. Puis, je lui fais part de ma disponibilité. Les suivis sont des éléments clé pour le chargé de dossier, lui permettant de récolter les bonnes informations et de ce fait, aider l’assuré et son employeur durant tout le processus.

BRICEBERG : Existe-il des meilleures pratiques en gestion de l’invalidité?
LAURENCE : En premier lieu, le chargé de dossier est appelé à travailler en collaboration avec l’assuré, son équipe traitante, l’employeur et d’autres intervenants s’il y a lieu. Il est important d’identifier et de comprendre les enjeux et les préoccupations des différentes parties et d’élaborer des stratégies ainsi qu’un plan d’action concerté qui visent un retour à la santé. Le retour à la santé passe très souvent par un retour au travail. Étant du côté de l’assureur, l’une des pratiques qui est préconisée est de sensibiliser les employeurs à différentes mesures d’accommodements possibles telles que le télétravail, et encourager l’implantation de solutions de santé et mieux-être en milieu de travail. Entres autres, il est d’abord important d’analyser les mesures qui peuvent être mises en place pour prévenir l’arrêt de travail ou faciliter la réintégration au travail. Les mesures pourraient inclure l’intégration d’un conseiller en gestion de la santé qui aurait pour rôle de faire le pont entre tous les intervenants sur ce qui peut être fait avant ou dès le début de l’arrêt de travail. Évidemment, tout ce qui peut favoriser le maintien du lien à l’emploi entre l’assuré et l’employeur lors de l’absence et du retour au travail représente une pratique qui a fait ses preuves. Encore, la proactivité est essentielle en gestion de l’invalidité et il est important de savoir cibler tous les enjeux déterminants dans les dossiers qui nous sont confiés.

BRICEBERG : Quelle serait la première recommandation que tu ferais à un individu en arrêt de travail concernant la pratique d’activité physique?
LAURENCE: Même si l’activité physique est une composante importante au retour au travail, chaque cas est unique et différent. Il faut déterminer le bon moment pour la reprise d’activité physique ainsi que la dose-réponse appropriée selon les besoins de la personne en invalidité. J’ai observé que dans les cas où les professionnels de la santé entourant l’assuré favorisent l’exercice, c’est plus facile pour la personne qui gère le dossier de l’assuré d’encourager également la réactivation physique. Des ressources peuvent être offertes pour accompagner un assuré vers une mobilisation progressive ou tout simplement dans l’adoption de saines habitudes de vie.

BRICEBERG : Tu complètes présentement ton MBA. Qu’est-ce que cela t’a apporté jusqu’à présent comme kinésiologue?
LAURENCE : Les différents cours que j’ai la chance de suivre durant le MBA m’apportent beaucoup d’outils quant à l’importance de la relation d’aide et des façons d’interagir avec les gens lorsque l’on occupe un poste de gestion. Comme kinésiologue, notre réussite se base aussi sur ces principes puisqu’on est constamment, à différents degrés, en relation avec les gens. Sinon, j’apprécie beaucoup les cours de finances et de marketing qui me permettent d’élargir mes connaissances et de les appliquer dans mon travail. En dehors du MBA, j’ai suivi un cours de macroéconomie à l’Université Laval, qui est préalable à l’admission au MBA. Ce cours, qui je crois est un incontournable, m’a ouvert les yeux sur plusieurs concepts généraux applicables et utiles dans la vie de tous les jours. Je le recommande.

BRICEBERG : Qu’as-tu appris lors de tes études en Kinésiologie et qui te sert encore aujourd’hui?
LAURENCE : En plus des connaissances liées directement à la Kinésiologie, j’ai retenu des principes qui s’appliquent maintenant dans ma vie. Par exemple, valoriser le développement d’une relation saine avec l’exercice ainsi qu’un bon équilibre entre la nutrition et l’activité physique. Tout n’est pas noir ou blanc et les petits changements apportés au quotidien font une grande différence, en bout de ligne. J’ai la chance de partager ma vie avec un kinésiologue et, ensemble, on cherche toujours à essayer de nouvelles choses et faire des choix santé.

Questions en rafale

BRICEBERG : Ta principale force qui t’apporte du succès dans ton travail?
LAURENCE : Ma capacité à m’investir et à entretenir des relations sociales riches avec les gens.

BRICEBERG : Que fais-tu pour te relaxer?
LAURENCE: Pour réduire mon stress, je fais du conditionnement physique régulièrement et je trouve toujours un peu de temps pour profiter de l’extérieur, peu importe la saison. Pour me ressourcer, j’organise des escapades au chalet avec les gens que j’aime.

BRICEBERG : Comment vois-tu l’évolution de ta carrière pour les prochaines années?
LAURENCE : Dans le futur, j’ai un fort désir d’occuper un poste gestionnaire et de superviser une équipe. Il est certain que je conserverai toujours un contact avec la santé dans ma vie professionnelle ou personnelle mais je suis aussi ouverte aux opportunités qui s’ouvrent à moi dans de nombreux domaines.

BRICEBERG : Ce que tu désires influencer en tant que professionnelle?
LAURENCE : Mon défi en tant que professionnelle est d’essayer de faire ressortir le meilleur chez chaque personne. En misant sur les points forts de chaque individu, ils seront plus performants d’une façon qu’il leur ressemble. Au final, je souhaite les y accompagner et réveiller leur plein potentiel.

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