Entrevue : Renée Charest

En 2013, Renée Charest ouvre les portes de sa clinique de Kinésiologie et Kinésithérapie à domicile en compagnie de son conjoint afin de faire valoir son expertise et d’en faire bénéficier les gens de l’Estrie. Se basant sur les principes de rééquilibre musculaire et de participation active du client à son traitement, ses services sont à l’image de sa personne, humains, proactifs et authentiques.

BRICEBERG : Quels sont les services offerts à la clinique Charest-Heppell?
RENÉE : Notre clinique est un centre de services en Massothérapie, Orthothérapie, Kinésiologie et Kinésithérapie. Plus précisément, nous offrons du counseling en Kinésiologie et en habitudes de vie, des bilans de la posture, du massage thérapeutique incluant la fasciathérapie, des étirements axés sur le principe de la contraction-relaxation (PNF), des programmes d’entraînement individualisés, des mobilisations articulaires ainsi que des exercices thérapeutiques adaptés à la condition de chaque individu. Toutes nos consultations sont basées sur l’approche motivationnelle et misent sur l’autonomie de la personne.

BRICEBERG : Tu es partenaire avec ton conjoint et père de tes deux enfants. Que conseillerais-tu aux couples qui souhaiteraient se lancer en affaires à domicile?
RENÉE : Je pense que l’un des éléments qui aide à la gestion de notre clinique à domicile est le fait que nous sommes tous les deux travailleurs autonomes. Donc, nous exerçons sous la même bannière, mais individuellement, nous conservons la liberté de choisir nos méthodes de travail avec notre clientèle. Durant le temps consacré à la famille, nous devons parfois tempérer les discussions concernant le boulot. Par contre, nous pouvons miser sur l’entraide lors de défis rencontrés avec les clients ou faire de l’échange interprofessionnel, deux avantages pour notre pratique commune.

BRICEBERG : Quels sont les moyens utilisés pour recruter votre clientèle?
RENÉE : Les caractéristiques de notre clientèle sont variées bien que nous desservons en majorité des clients professionnels semi-actifs entre 30 et 60 ans. D’une part, le recrutement de cette clientèle se fait essentiellement par le bouche à oreille ainsi que par les références médicales, mais nous disposons également de cartes d’affaires et d’un site Internet. Nous avons également un partenariat avec Excellence Sportive Sherbrooke et le club de course Courir pour se découvrir. D’autre part, je crois qu’un client satisfait représente la meilleure publicité qui existe et c’est le moyen de promotion privilégié par la clinique.

BRICEBERG : Tu as complété le programme de deuxième cycle en exercices thérapeutiques à l’Université de Sherbrooke. Qu’est-ce que ce diplôme en Kinésithérapie t’a apporté en tant que kinésiologue?
RENÉE : Grâce au diplôme de deuxième cycle en exercices thérapeutiques, j’ai acquis une meilleure connaissance de la biomécanique fonctionnelle du corps et des pathologies de l’appareil musculosquelettique. De plus, j’ai pu développer mon sens de l’observation afin de cibler la cause des douleurs pour ensuite faire une prescription d’exercices plus adaptées au client. Les cours m’ont également permis d’avoir le souci du détail dans l’observation de la posture, dans l’ajustement et la correction de l’exécution des exercices ou des étirements. En tant que kinésiologue, je me sens plus en confiance et plus outillée pour soutenir les gens dans leur démarche de mise en forme et de santé.

BRICEBERG : Peut-on affirmer que la Kinésithérapie est plus connue que la Kinésiologie auprès des québécois?
RENÉE : Je crois que les deux ont avantage à être plus connus. C’est pourquoi je mise sur le premier rendez-vous avec un client afin d’expliquer ce que sont la Kinésithérapie et la Kinésiologie ainsi que les objectifs de chacune des disciplines. Nous avons également créé un dépliant explicatif pour notre clientèle. Bien que ce soit important de définir les principes qui sous-tendent les deux approches, les gens sollicitent nos services d’abord et avant tout parce qu’ils sont référés et souhaitent trouver une solution à leur problématique.

BRICEBERG : Selon toi, quelles sont les perspectives d’avenir en Kinésithérapie?
RENÉE : À mon avis, les avenues en Kinésithérapie sont nombreuses puisque cette discipline permet le travail autonome comme  la tenue d’un bureau à domicile et le travail en collaboration avec d’autres professionnels de la santé qui touchent à la réadaptation. Outre les perspectives de carrière, j’estime que la formation en exercices thérapeutiques est très pertinente pour tous ceux et celles qui désirent travailler dans des domaines tels que la réadaptation physique ou l’entraînement puisqu’elle permet d’approfondir les connaissances du professionnel. En somme, les volets massage et thérapie manuelle ne sont pas les uniques aspects qui apportent une valeur ajoutée à la Kinésithérapie.

BRICEBERG : Quelle est ta vision de la place des services de Kinésithérapie en prévention plutôt qu’au niveau du traitement de la douleur?
RENÉE : La Kinésithérapie a sa place en prévention, tout comme la Kinésiologie. Prévenir les blessures ou les problématiques de santé, c’est adopter de saines habitudes de vie au quotidien. Je répète souvent à mes clients: «Vous vous brossez les dents tous les jours même si vous avez un bon dentiste. Même si vous avez le meilleur thérapeute ou le meilleur kinésiologue qui soit, il faut aussi bouger et s’étirer quotidiennement

BRICEBERG : Quelles sont les caractéristiques d’un bon kinésithérapeute?
RENÉE : Un bon kinésithérapeute sait faire preuve de respect et d’empathie. Il a la capacité de créer un lien de confiance avec son client afin que puisse s’amorcer un changement réel dans ses habitudes de vie. Les kinésithérapeutes qui se démarquent par la qualité de leurs traitements ont un sens du toucher thérapeutique très développé. Afin de demeurer un professionnel compétent, il doit bien sûr assurer la mise à jour constante de ses connaissances.

BRICEBERG :  Quelles sont les formations que tu suis pour assurer, toi aussi, la mise à jour constante de tes connaissances?
RENÉE : Je participe annuellement aux congrès de la Fédération des kinésiologues du Québec et de l’Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes et massothérapeutes du Québec. Lorsque cela est pertinent, je m’inscris également à des formations complémentaires en massothérapie ou en fasciathérapie avec l’organisation américaine Strech to win et d’autres associations. Atlas Medic offre également des formations intéressantes. La lecture scientifique sur les pathologies est également une bonne façon de me tenir à jour et d’améliorer ma pratique.

BRICEBERG :  Dis-nous ce qui te rend fière dans ton travail? 
RENÉE : Ma priorité est d’avoir le sentiment d’aider les gens et de réduire leur douleur. Certains de mes clients éliminent complètement leur douleur et arrivent à créer un mode de vie plus actif, à être heureux et libres de faire ce qu’ils désirent. Je suis également fière du lien que j’entretiens avec mes clients. J’ai toujours rêvé d’avoir ma propre clinique à la maison et de sentir que clients ne sont pas juste des numéros. J’arrive à me souvenir de leur objectif, de leur vie familiale et ça me permet de trouver des sources de motivation plus personnelles et d’avoir un impact réel. Je me sens authentique avec ma clientèle et je donne le meilleur de moi-même à chaque personne.

Question en rafale

BRICEBERG : Que pouvons-nous souhaiter à la clinique Charest-Heppell pour le futur?
RENÉE : Nous finalisons présentement la construction d’une salle d’entraînement à domicile adjacent à la clinique afin de faciliter les services d’entraînement individuel et la prescription d’exercices. Dans un avenir rapproché, nous aimerions ajouter un troisième professionnel à la clinique dans le but de nous aider à répondre à la demande.

BRICEBERG : Effectuer des traitements est exigeant pour le corps. Que fais-tu pour prévenir les blessures?
RENÉE : J’adore toucher et traiter mais il est vrai qu’un jour, mes mains ne me permettront peut-être plus d’effectuer des traitements. Pour prévenir mes maux, j’ai moi-même de saines habitudes de vie, je m’entraîne régulièrement et je prends soin de moi.

BRICEBERG : Ce qui te motive personnellement à être active?
RENÉE : Je n’ai pas de mérite, l’activité physique j’en mange. Je suis un peu comme Obélix, je suis tombée dedans quand j’étais petite. Le sport a toujours fait partie de ma vie et il le fera toujours. Ça me permet de gérer mon énergie et de rester positive. L’exercice me permet de me sentir bien, de voir des amies et surtout d’être un modèle pour mes enfants.

BRICEBERG : Comment fais-tu pour concilier travail à domicile et activités sportives en famille?
RENÉE : Le fait d’être mère m’a amené à modifier mes activités et à les adapter pour les rendre accessibles à toute la famille. Que ce soit des vacances à la course en poussette, de la randonnée en montagne avec hébertisme, des cours de yoga avec les enfants, ce n’est pas l’imagination qui manque. Notre prochain défi sera la tour du Saguenay Lac-St-Jean à vélo avec les enfants dans le chariot.

BRICEBERG : Le petit plus de votre équipe?
RENÉE : On aime encourager des causes. Par exemple, nous avons participé à un évènement organisé par Abigaël Walker et le Fonds des Millepattes pour les enfants atteints de maladies rhumatologiques ou orphelines durant lequel nous avons offert des services de Massothérapie-Kinésithérapie gratuitement.

Pour plus d’informations sur les services offerts par Renée, consultez le site web de la clinique ou téléphonez pour un rendez-vous au 819-446-0060. Pour échanger avec elle sur son parcours professionnel, écrivez-lui à renee.charest@usherbrooke.ca.